Les paiements d'une prop firm, aussi appelés payouts, se déclarent en général comme des revenus professionnels.
En France, l'administration fiscale les assimile plutôt à la rémunération d'une prestation de service, imposable en bénéfices non commerciaux (BNC).
Cela signifie que tu ne déclares pas ton payout comme une plus-value de trading, mais comme un revenu d'activité.
Est-ce légal d'être payé par une prop firm ?
Il est parfaitement légal d'être payé par une prop firm, mais pas sans cadre.
Tu n'as pas besoin d'agrément AMF ou ORIAS pour recevoir un payout, tant que tu n'interviens pas pour le compte de tiers sur un marché réel et que tu ne fais pas de conseil en investissement.
Le point important est surtout de déclarer les revenus que tu encaisses.
Si tu te poses encore des questions sur la fiabilité des prop firms, j'ai écrit un article complet Prop firm : arnaque ou opportunité ?
Les paiements de prop firm ne sont pas des plus-values mobilières
En droit fiscal français, une plus-value mobilière correspond au gain réalisé lors de la revente d'un actif possédé comme une action, une crypto ou un ETF.
Tu as acheté quelque chose, tu l'as détenu, puis tu l'as revendu plus cher.
Ce gain est imposé à 31,4 % via la flat tax, avec 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Mais avec le fonctionnement réel des prop firms, ce n'est pas le cas.
- Tu trades sur une simulation dans la majorité des cas
- Tu n'as accès à aucun capital réel
- Tes ordres ne partent pas sur les marchés financiers
- Tu n'es payé que si la prop firm valide ta performance
Le fameux "partage des bénéfices" est un abus de langage marketing, puisque tu ne revends aucun actif et ne réalises aucune plus-value au sens fiscal.
Tu fournis seulement une compétence contre une rémunération, ce qui correspond à une prestation de service et te place en BNC plutôt qu'en fiscalité boursière.
Le statut pour déclarer ses gains
Pour déclarer des revenus BNC issus d'une prop firm, trois cadres peuvent être adaptés selon les montants que tu obtiens :
| Recettes annuelles HT | Statut recommandé | Fiscalité et charges |
|---|---|---|
| Jusqu'à 83 600 € | Micro-entreprise (BNC) | 2,2 % en libératoire, sinon barème IR après abattement de 34 %, plus 25,6 % de cotisations. Aucune charge déductible |
| Plus de 83 600 € | EI au réel (BNC réel) | IR sur le bénéfice réel, charges déductibles |
| Gros volumes ou optimisation | SASU ou EURL | IS (15 % puis 25 %), charges déductibles, salaire ou dividendes |
Ce choix détermine combien tu paies, ce que tu peux déduire et le niveau d'administratif à gérer.
La micro-entreprise (BNC)
Elle convient à la grande majorité des traders.
Tu paies environ 25,6 % de cotisations sociales sur ton chiffre d'affaires, puis l'impôt sur le revenu, soit au barème après un abattement forfaitaire de 34 %, soit au prélèvement libératoire de 2,2 % du chiffre d'affaires brut.
En contrepartie de cette simplicité, tu ne peux déduire aucune dépense.
À noter que tu peux déclarer des payouts de prop firm avec une micro-entreprise, mais tu ne peux pas utiliser ce cadre pour faire du trading avec tes fonds propres.
Pour en savoir plus, tu peux lire mon article sur la fiscalité en trading.
L'entreprise individuelle au réel
Elle devient obligatoire au-delà du seuil micro-BNC, fixé à 83 600 € de recettes HT pour les revenus 2026, mais elle peut t'intéresser avant si tes frais deviennent importants.
Tu es imposé sur ton bénéfice réel et non sur ton chiffre d'affaires brut.
Tu peux passer en charges tes frais réels, comme par exemple :
- Le coût des challenges
- Les abonnements
- Les données de marché
- Les formations
- Le matériel
- Les frais de paiement
La société (SASU ou EURL)
Elle vise les gros volumes et l'optimisation.
Tu passes à l'impôt sur les sociétés, à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions puis 25 % au-delà.
Tu déduis tes charges comme au réel, puis tu choisis comment sortir l'argent, en salaire ou en dividendes.
C'est un statut plus compliqué à gérer qui nécessite de passer par un comptable.
Un exemple avec un payout de 2 000 $
Prenons l'exemple concret d'un payout de 2 000 $ versé par la prop firm Apex Trader Funding.
Considérons que tu as une micro-entreprise en BNC.
À l'heure où j'écris ces lignes, 1 dollar vaut environ 0,86 €.
Donc 2 000 $ correspondent à environ 1 720 €.
Tu déclares donc environ 1 720 € de chiffre d'affaires.
Sur 1 720 € déclarés, tu paies d'abord 25,6 % de cotisations sociales, soit environ 440 €.
Il te reste 1 280 € avant impôt sur le revenu.
L'impôt dépend ensuite de l'option choisie.
| Option | Calcul de l'impôt | Net après cotisations et impôt |
|---|---|---|
| Prélèvement libératoire | 2,2 % de 1 720 €, soit 38 € | 1 242 € |
| Barème IR, tranche à 0 % | 0 € | 1 280 € |
| Barème IR, tranche à 11 % | 11 % de 1 135 €, soit 125 € | 1 155 € |
| Barème IR, tranche à 30 % | 30 % de 1 135 €, soit 341 € | 939 € |
Au barème, l'impôt porte sur la base imposable après l'abattement de 34 %.
Sur 1 720 € de chiffre d'affaires, la base imposable est donc d'environ 1 135 €.
Cette base s'ajoute à tes autres revenus.
Si tu es peu ou pas imposable, le barème peut revenir moins cher que le prélèvement libératoire.
Si ta tranche marginale est plus élevée, le prélèvement libératoire peut devenir plus intéressant, à condition d'y être éligible.
Faut-il créer une entreprise avant de commencer les prop firms ?
Personnellement, je déconseille de créer une entreprise tant que tu n'as pas sécurisé ton premier payout.
Beaucoup de traders ne l'atteignent jamais, donc inutile de te compliquer la vie d'avance.
Dès que le premier arrive, la micro-entreprise se crée en quelques minutes et suffit dans la plupart des cas.

