Qu'est-ce qu'un future en trading ?
Un future (ou contrat à terme en français) est un produit dérivé qui prend la forme d'un accord entre deux parties pour acheter ou vendre un actif à une date future et à un prix fixé à l'avance.
On parle de produit dérivé, parce que la valeur du contrat dépend d'un actif de référence qu'on appelle le sous-jacent.
Les contrats futures sont négociés sur des marchés organisés, comme le CME aux États-Unis ou Euronext en Europe.
Leurs caractéristiques sont standardisées, ce qui veut dire que les conditions du contrat sont définies à l'avance par le marché et sont les mêmes pour tous les participants.
Le trading de futures consiste à prendre position sur ces contrats, sans posséder directement l'actif sous-jacent.
À quoi servent les futures ?
Les futures ont trois grands usages : la couverture, la spéculation et l'arbitrage.
Se couvrir du risque
La couverture, ou hedging en anglais, consiste à utiliser un future pour réduire un risque de prix.
Prenons un exemple simplifié :
Je suis boulanger, j'ai besoin de blé toute l'année et je crains une hausse des prix.
Je peux acheter aujourd'hui un future sur le blé à 1 000 € la tonne, livrable dans six mois :
- Si le prix monte à 1 100 €, j'ai sécurisé un prix plus bas que le prix de marché
- Si le prix baisse à 950 €, j'aurais pu acheter moins cher, mais j'ai sécurisé mon prix à l'avance
L'achat d'un contrat future dans ce contexte échange la possibilité de faire une bonne affaire contre la garantie de ne pas faire une très mauvaise affaire.
Spéculer
Le même contrat à terme peut être utilisé pour prendre un pari directionnel :
- Acheter pour anticiper une hausse des prix
- Vendre à découvert pour anticiper une baisse des prix
Par exemple, si je pense que le cours du blé va monter, je peux acheter des contrats futures sur le blé.
Si j'achète 10 contrats à 1 000 € la tonne et que le prix monte à 1 200 €, je gagne 200 € par tonne.
Si le prix baisse à 800 €, je perds 200 € par tonne.
Arbitrer
L'arbitrage consiste à profiter d'un écart temporaire entre plusieurs prix.
Un arbitragiste peut prendre position sur plusieurs contrats, plusieurs échéances ou plusieurs actifs liés entre eux, afin d'exploiter une incohérence momentanée dans les cotations.
Ce type d'approche demande une très bonne exécution et une compréhension précise des marchés concernés.
Ce n'est généralement pas l'usage qu'en fait un particulier ou un débutant en trading.
Pourquoi trader les futures ?
Les futures sont beaucoup utilisés par les traders (notamment professionnels) parce qu'ils offrent plusieurs avantages.
- Marché organisé : les contrats ont des caractéristiques standardisées, un carnet d'ordres et des règles de marché précises. Ce n'est pas un produit de gré à gré dont les conditions sont fixées uniquement par le broker.
- Liquidité : il y a beaucoup d'acheteurs et de vendeurs sur les contrats les plus traités, ce qui facilite l'entrée et la sortie de position.
- Vente à découvert : il est possible de vendre un contrat aussi simplement que de l'acheter, ce qui permet de trader à la hausse comme à la baisse.
- Effet de levier : ils permettent de contrôler une exposition importante avec un capital plus limité que la valeur totale du contrat.
- Coûts : les frais peuvent être plus compétitifs que sur certains produits proposés par des brokers CFD.
- Diversification : ils permettent d'accéder à beaucoup d'actifs.
Les caractéristiques d'un contrat future
L'actif sous-jacent
Le sous-jacent est l'actif sur lequel le contrat est basé.
Un future peut être adossé à différents types d'actifs :
- Un indice boursier, comme le Nasdaq-100, le S&P 500 ou le CAC 40
- Une matière première, comme l'or, le blé ou le maïs
- Une énergie, comme le pétrole brut ou le gaz naturel
- Une devise, comme l'euro, le dollar, la livre sterling ou le yen
- Une obligation ou un taux d'intérêt
- Une cryptomonnaie, comme le Bitcoin ou l'Ethereum
Si tu trades un future sur le Nasdaq-100, par exemple, tu ne détiens pas les actions qui composent l'indice.
Tu trades un contrat dont la valeur dépend de l'évolution du Nasdaq-100.

La taille du contrat
Chaque future a une taille de contrat, et c'est elle qui détermine l'exposition réelle de ta position.
Pour comprendre, il faut partir du point d'indice.
Si le Nasdaq-100 passe de 18 000 à 18 001, il a bougé de 1 point.
Le contrat que tu choisis détermine combien vaut ce point en argent.
Voici un exemple avec les futures sur le Nasdaq-100 :
| Contrat | Sous-jacent | Taille du contrat |
|---|---|---|
| E-mini Nasdaq-100, NQ | Nasdaq-100 | 20 $ par point |
| Micro E-mini Nasdaq-100, MNQ | Nasdaq-100 | 2 $ par point |
Le NQ et le MNQ suivent tous les deux le Nasdaq-100, mais ils n'ont pas la même taille :
- Le NQ vaut 20 $ par point d'indice
- Le MNQ vaut 2 $ par point d'indice

Le NQ est donc dix fois plus gros que le MNQ, c'est pour cela que deux contrats peuvent suivre le même marché, mais ne pas représenter le même niveau de risque.
Les mini et micro futures servent justement à adapter la taille du contrat au capital du trader et au risque qu'il veut prendre.
Le tick et la cotation
Le prix d'un contrat future ne bouge pas forcément point par point, il bouge par petits pas de cotation.
Ce pas minimum s'appelle le tick.
Sur les futures Nasdaq-100, le tick est de 0,25 point.
Cela veut dire que le prix peut passer de 18 000 à 18 000,25, puis 18 000,50, puis 18 000,75, puis 18 001.
Comme 1 point correspond à 4 ticks, la valeur du tick dépend directement de la taille du contrat :
- Avec le NQ, 1 point vaut 20 $, donc 1 tick de 0,25 point vaut 5 $
- Avec le MNQ, 1 point vaut 2 $, donc 1 tick de 0,25 point vaut 0,50 $
| Contrat | Valeur d'un point | Tick | Valeur d'un tick |
|---|---|---|---|
| E-mini Nasdaq-100, NQ | 20 $ | 0,25 point | 5 $ |
| Micro E-mini Nasdaq-100, MNQ | 2 $ | 0,25 point | 0,50 $ |
Les mois de livraison et la date de maturité
Un future a une date de maturité, aussi appelée échéance.
Les échéances disponibles sont définies par le marché : tu choisis parmi les contrats déjà cotés, par exemple juin, septembre ou décembre pour le NQ.
On parle souvent de mois de livraison, parce que le contrat est rattaché à un mois précis.

Sur un même sous-jacent, plusieurs contrats peuvent donc être cotés en même temps, chacun avec sa propre maturité.
Chaque maturité peut avoir son propre prix, et celui-ci dépend du prix du sous-jacent, mais aussi du temps restant avant l'échéance et des conditions de marché.
C'est pour cela que deux contrats futures sur le même actif peuvent avoir deux prix différents s'ils n'ont pas la même échéance.
Le mode de règlement à l'échéance
À l'échéance, un contrat future peut être réglé de deux façons :
- Par livraison physique du sous-jacent
- Par règlement en cash
La livraison physique concerne surtout certains contrats sur matières premières.
Le règlement en cash concerne plutôt les contrats dont le sous-jacent ne peut pas être livré physiquement, comme les indices boursiers.
En pratique, beaucoup de traders particuliers ferment leur position avant l'échéance.
Pour rester exposé au même marché après l'échéance, ils peuvent fermer le contrat proche et ouvrir un contrat avec une échéance plus lointaine.
C'est ce qu'on appelle le rollover.
Les futures crypto
Dans le monde crypto, le mot futures est souvent utilisé pour désigner plusieurs types de produits.
Il existe de vrais contrats futures crypto cotés sur des marchés organisés, comme les futures Bitcoin ou Ethereum du CME.
Ces contrats ont des spécifications précises : une taille de contrat, une cotation, une échéance et un mode de règlement.

Sur les exchanges crypto comme Binance, Bybit ou Kraken, on retrouve aussi des contrats perpétuels, souvent appelés perpetual futures (ou perps).
Ils permettent de prendre position à la hausse ou à la baisse avec de la marge, mais ils ne fonctionnent pas comme un future classique (ils n'ont pas les mêmes caractéristiques et règles prédéfinies).
Futures vs CFD
Les futures sont souvent comparés aux CFD, parce que les deux permettent de prendre position à la hausse ou à la baisse sur un actif, sans forcément le posséder directement.
Mais ce ne sont pas les mêmes produits :
- Un future est un contrat standardisé coté sur un marché organisé, avec une taille de contrat, une échéance et des règles définies à l'avance.
- Un CFD, lui, est un contrat proposé par un broker, avec des conditions qui dépendent davantage de ce broker.
En pratique, les CFD sont souvent plus simples d'accès, notamment avec un petit capital.
Les futures demandent plus de maîtrise, mais offrent généralement un cadre plus transparent et plus structuré.
J'ai écrit une comparaison complète dans l'article CFD ou Futures : lequel choisir pour trader ?
Comment trader les futures ?
Pour acheter ou trader les futures, il faut utiliser un broker ou une plateforme qui donne accès à des contrats cotés sur des marchés organisés.
Parmi les brokers connus qui permettent de trader des contrats futures :
- NinjaTrader
- Tradovate
- AvaTrade
- Interactive Brokers
Comprendre la marge et le risque
Avec les futures, tu ne paies pas toute la valeur du contrat pour ouvrir une position.
Le broker bloque seulement une marge, c'est-à-dire un dépôt de garantie qui permet d'ouvrir ou de maintenir la position.
C'est souvent là qu'il y a une confusion : la marge indique combien le broker bloque sur ton compte, mais elle ne dit pas combien tu peux perdre sur le trade.
Il faut donc distinguer trois notions :
| Notion | Signification |
|---|---|
| Exposition | La valeur totale contrôlée par le contrat |
| Marge | Le montant bloqué pour ouvrir ou maintenir la position |
| Risque | La perte possible si le marché va contre la position |
Une fois la position ouverte, ton compte évolue avec le prix du contrat.
Si le prix va dans ton sens, tu gagnes de l'argent. S'il va contre toi, tu en perds.
Si les pertes deviennent trop importantes, le broker peut déclencher un appel de marge.
Dans ce cas, il peut demander d'ajouter des fonds ou fermer la position pour limiter le risque.
Le risque d'un trade dépend surtout de trois éléments :
- La taille du contrat
- Le nombre de contrats tradés
- La distance entre le prix d'entrée et le stop
Par exemple, si un contrat vaut 2 $ par point et que ton stop est placé à 50 points, le risque est de 100 $ par contrat :
50 points x 2 $ = 100 $
Avec deux contrats, le risque passe à 200 $.
Avant d'entrer en position, il faut donc calculer la taille de position à partir du risque accepté, de la valeur du point et de la distance du stop.
Tu peux le faire facilement en utilisant mon calculateur de taille de position futures.
Combien faut-il pour commencer ?
Pour commencer à trader les futures avec ses fonds propres, je considère qu'une base de 1 000 $ à 2 500 $ est nécessaire.
Certains brokers permettent d'ouvrir un compte avec quelques centaines de dollars seulement, mais ce montant correspond surtout au minimum pour accéder au marché, pas forcément au capital idéal pour trader.
Comme expliqué juste avant, la marge permet d'ouvrir une position, mais elle ne représente pas le risque réel du trade.
En dessous de 1 000 $, il est parfois possible de prendre position, mais la marge d'erreur devient très faible.
Ce montant suppose aussi de commencer avec des micro futures, pas avec des contrats classiques comme ES ou NQ.
Il existe aussi une alternative avec les prop firms futures, qui permettent d'accéder aux futures avec un coût de départ plus faible.
Choisir un contrat adapté
Une fois l'accès au marché validé, il faut sélectionner le contrat exact à trader.
L'objectif est de choisir un contrat dont la taille, la liquidité et la marge restent cohérentes avec le capital disponible, mais aussi avec la stratégie utilisée.
Personnellement, je ne cherche pas à trader tous les contrats disponibles.
Je me concentre surtout sur les marchés qui correspondent à ma façon de trader, notamment les indices américains et l'or, parce que je privilégie la session américaine et le chevauchement entre l'Europe et les États-Unis.
Les horaires de trading des futures
Les futures ne se tradent pas tous aux mêmes horaires.
Cela dépend du contrat, de la place de marché et parfois des jours fériés.
Sur les contrats les plus tradés, comme les futures sur indices américains ou sur l'or, le marché est généralement ouvert presque 24h/24 pendant la semaine.
En revanche, il n'est pas ouvert tout le week-end.
La plupart des contrats CME ouvrent le dimanche soir aux États-Unis et ferment le vendredi soir, avec une pause quotidienne.
Depuis l'Europe, cela signifie souvent que le marché rouvre dans la nuit de dimanche à lundi.
Il faut donc toujours vérifier les horaires du contrat que tu trades, surtout si tu gardes une position ouverte plusieurs jours.
Quelle stratégie utiliser ?
Les futures peuvent se trader avec les stratégies habituelles de trading qui utilisent l'analyse fondamentale ou technique.
Mais leur vrai intérêt vient surtout de la qualité des données de marché.
Comme les contrats sont cotés sur des marchés organisés, les volumes, les échanges et le carnet d'ordres donnent une lecture plus fiable de ce qui se passe réellement.
C'est pour cette raison que beaucoup de traders futures utilisent l'order flow.
Il permet de mieux comprendre la pression acheteuse et vendeuse, au lieu de regarder uniquement le prix.
Les risques des futures
Les futures sont des produits financiers considérés comme risqués.
Parmi ces risques :
- L'effet de levier : tu peux prendre une position importante avec un capital réduit. Une petite variation peut donc créer un gain important, mais aussi une perte importante.
- Le risque de perte rapide : les prix peuvent bouger fortement en peu de temps, surtout pendant les périodes de forte volatilité.
- L'appel de marge : comme expliqué plus haut, une position perdante peut réduire rapidement le capital disponible sur le compte.
- Le risque de perdre plus que prévu : selon le produit, le levier utilisé et les conditions de marché, les pertes peuvent dépasser le montant initialement engagé.
- Le risque de liquidité : sur certains contrats, il peut être difficile d'acheter ou de vendre au prix voulu.
- Le risque lié à l'échéance : Un future a une date d'expiration. Il faut donc savoir ce qui se passe à l'échéance : clôture, rollover ou livraison selon le type de contrat.
- Le risque lié au broker : un site peut utiliser le mot futures dans son marketing sans proposer un vrai contrat coté sur un marché organisé.
Les futures sont-ils autorisés en France ?
Oui, les futures peuvent être tradés en France, mais, ils doivent être proposés par un intermédiaire autorisé.
L'AMF recommande de vérifier que le broker est bien enregistré comme prestataire de services d'investissement et qu'il figure sur le registre Regafi.

